Veys Annick

TEXTES
La miche de pain
Le Val Fleuri
Une bottine à lacet
Autoportrait (par Annick VEYS)
Vous savez tous que je fête, aujourd’hui, mon demi-siècle.
Eh oui !... on ne le dirait pas, hein…
Vous connaissez aussi mon goût pour les oraisons, preuve vous en a déjà été donnée à plusieurs reprises. Souvenez-vous…
Ne sachant si l’un de vous oserait tenter l’expérience et vanter mes mérites, ce qui est pourtant chose aisée vu ma personnalité, j’ai relevé le défi d’écrire et de déclamer moi-même ma propre épitaphe.
J’ai voulu rester honnête envers vous et envers moi et ne vais donc énoncer, ci-après, que des vérités.
Si vous le voulez bien, je vais donc m’adresser… à… moi…
Pour toi, Annick
Tout le monde sait que ton prénom vient de Anne, Sainte Anne, mère de la Vierge Marie.
Pourtant, certains diront que c’est un dérivé de âne, équidé entêté…
Que chacun « choise » sa définition…
Toi qui es née en Automne, saison riche en couleurs, mais aussi saison de la pomme de terre et de la betterave… ceci explique peut-être cela…
Toi qui as eu pour grands-pères : Arthur Veys que, malheureusement, tu n’as pas connu, et Albert Leduc qui, lui, t’a laissé quelques bons souvenirs (clin d’œil aux parents en passant) ; c’est, indirectement, à eux que nous devons ta présence parmi nous aujourd’hui… Bravo ! qu’ils en soient remerciés…
Toi qui as habité Achenheim, près de Strasbourg, en Alsace ; qui connais un peu les Alpes, as visité Annecy, et as découvert, cette année la gare d’Austerlitz et son boulevard, d’ailleurs bien mouvementé et folklo à observer…
Toi qui aimes les animaux, l’aurochs en particulier (Justine en est une très belle illustration), on pourrait dire que tu as, des bêtes, quelques spécificités : douce comme un agneau, royale comme un aigle, même si tu n’a pas adopté l’ »agilesse » de l’anguille, la tête dans le sable de l’autruche, le beffroi pour y loger l’araignée, toi qui n’as pas eu l’occasion de voir un seul alligator sur les bords du Nil… C’est vrai !... ils sont partis, n’en parlons plus…
Toi qui as fait alliance avec Didier (pour ne pas dire avec le diable), mais pour qui tu es un astre, une fleur aussi belle et discrète que l’anémone, mais aussi son feu d’articife…
Toi qui as eu, dans ta jeunesse, Adamo, pour idole…
Toi qui n’as pas été première de classe en langues étrangères, comme l’Anglais et l’Allemand, mais montrais plus de dispositions pour l’Arithmétique, ce qui t’as peut-être amené à la banque, Artesia notamment, où tu as pu faire la différence entre les actions et les agios…
Toi qui n’as pas vraiment une bonne assiette, à cheval, je précise, mais qui sais remplir copieusement celle de certains ici présents, d’un fameux assaisonnement et de quelques asperges, même si tu n’en as pas le profil…
Toi qui sais appuyer sur l’accélérateur pour faire avancer ton automobile mais moins bien pour la faire reculer…
Toi qui apprécies énormément les balades et concours en attelage, grâce à Kali, faut-il le préciser, mais qui a encore beaucoup à apprendre pour devenir bon meneur…
Toi qui n’as rien d’une abbesse, même si tu t’adonnes régulièrement à des ablutions…
Toi qui n’es pas vraiment aphasique, pas du tout acariâtre, qui ne connais pas l’antipathie mais sais très bien ce que Amitié veut dire, et tu le prouves…
Toi, tu as bien des atouts dans ton jeu, puisque, nous le savons, tu vas nous offrir l’apéro, accompagné d’amuse-gueules et tu as prévu bien mieux que de l’anisette…
Aussi, je te souhaite un très bon Anniversaire et espère t’avoir près de nous pendant de nombreuses années encore…
Surtout, garde ta jeunesse… de corps et d’esprit… mais si ! c’est possible….
D’ailleurs, ne dit-on pas que l’on a l’âge de ses artères… Dans ce cas, tu as encore bien du temps devant toi…
Si vous avez tous bien écouté mon allocution, vous avez pu dénombrer autant de mots commençant par A que de bougies à poser sur le gâteau.
Mon pari est donc gagné.
Alors, maintenant que tout est dit : que le fête commence…