Bravo GRAND CORPS MALADE !

Publié le par Ernest J. BROOMS


Brooms Ernest
10-03-2007 à 23:09
Message déposé dans le Livre d'Or de GRAND CORPS MALADE à l'occasion des Victoires de la musique

Bravo ! Bravo ! Bravo ! Enfin, la nouvelle poésie reconnue! Je suis un fan du début. J'ai soixante berges mais je suis de ton époque. De celle où les artistes savent écrire et jouer des mots et des rythmes... Des mots qui vont droit au coeur. Qui sont disponibles pour tous. Et pas à une élite. Des mots qui ne sont pas mièvres, tels ceux qui font les "vedettes d'aujourd'hui", des mots qui crient de vérité, de douleurs et de joies, des mots... que j'aime. Dans ton ombre, j'ose t'envoyer ces quelques mots de moi... Bonne lecture.


J’habite près du ciel, sous la lucarne de la soupente, et si tu viens faut de la patience Il est long l’escalier, qui mène au quatrième étage mais là tu pourras te reposer.
                            
Premières marches, premières difficultés, ton pas manquera surtout d’assurance. Et si tu tombes, relève-toi, repars et tu verras tout ira bien jusqu’au premier. Au début c’est comme un jeu qui ne prend rien au sérieux, le temps de l’insouciance Tu ne vois pas le temps passer, l’heure est à l’éternité quand tu atteins le premier pallier.
                                                      
Faut te reposer, reprendre ton souffle et repartir droit devant sans jamais te retourner Ton pas sera plus ferme, tu redresseras la tête et trembleras de tous tes sens. La beauté te croisera sans un regard sous son fard, jouant à celle qui s’en balance Et si elle daigne te regarder, pas question d’hésiter pour l’inviter à quelques pas de danse. Je te le dis, tu peux me croire, si tu la vois, profites-en, elle s’en ira vers d’autres sans tarder. Quand t’ auras disparu, elle voudra te retrouver, trop tard, l’oiseau se sera envolé. Voilà c’est foutu, le bonheur est descendu et quoi que tu penses, c’est sans importance.
                                                                        
Au deuxième, tu feras le point et fermeras tes poings, on te l’a dit l’essentiel, c’est de marcher. Plus fort et déterminé, tu graviras les marches qui craquent, il faut poursuivre l’expérience. Tu saouleras ta vie de travail et de rêves, interdiction totale de t’arrêter pour respirer. Plus lourds seront tes pas prenant de la hauteur, il est encore loin le temps des vacances.
                       
Fatigué au troisième, tu t’assiéras, pris de vertige devant le vide, tu dois pourtant continuer. Et lentement, tu reprendras ta longue marche, d’escalier en escalier pour oublier ta souffrance . Est-ce le courage ou l’inconscience qui pousse nos jambes à toujours vouloir se soulever?
Tu finiras par arriver au quatrième complètement essoufflé pour assister à la dernière séance. J’habite près du ciel, sous la lucarne de la soupente, et si tu viens faut de la patience Il est long l’escalier, qui mène au quatrième étage mais là, tu pourras te reposer!

Il n’y a qu’une fenêtre dans l’inclinaison du toit, elle donne sur le ciel, un avion croise une étoile parfois. L’oiseau ralentit son vol et tourne lentement sur sa proie, la pluie fouette la vitre ou pleure en douceur. Les nuages lourds passent en revue les heures, armée noire sur la ville, ils aiguisent leurs armes. L’hiver est venu, la neige floconne et fond en larmes sur la fenêtre dans l’inclinaison du toit.

Je vis encore, vieillir n’est pas mourir.
Des murs m’entourent mais aucun ne m’enferme et la ville respire, nul besoin de sortir Les jours ont défilé au fil du chrono, inexorable tempo. De l’enfance, l’odeur des classes cramoisies, les amis sont partis vers d’autres pays. Disparu le premier amour, les jamais les toujours, les livres s’ouvrent et se ferment.

Je vis encore, vieillir n’est pas mourir.
Je ne dois plus dire je t’aime, le silence nous suffit. Il y a des plages tranquilles où nous n’irons jamais plus, tu le sais, le soleil est parti. La ville éteint ses feux, la nuit envahit le ciel.

Les tournesols s’affolent.
Moi aussi !

 

E.J.B.

http://www.grandcorpsmalade.com/livredor.php?start=150

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Publié dans Actualités

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