Le feu de l'amour

Publié le par Ernest J. Brooms

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Le feu de l’amour
 
- Ma chérie, pour ton anniversaire, j’organise un barbecue !
 
Toujours pendant « Les Feux de l’Amour ». Il le fait exprès. Au moment où Brad et Olivia vont faire l’amour. J’attendais ce moment depuis des jours. Et il me parle de barbecue…
 
- Ce sera chouette, on réunira tous les enfants ! insiste-t-il…
 
… alors que Jack n’en revient pas de la révélation d’Ashley et qu’il veut avertir Brad avant qu’il ne retrouve Victor…
 
- Tu disais ?
- Un barbecue pour ton anniversaire, ce serait bien, non ?
- Oui… pourquoi pas ? S’il fait beau…
 
Jack demande à Ashley ce qui lui a pris de faire cela. Elle regrette vraiment. Brad et Olivia font toujours l’amour…
 
- Ok ! C’est parti, je fais la liste des courses.
 
Le générique me laisse toujours sur ma faim. Pub et J.T., j’éteins.
 
- Mais tu sais que c’est demain, mon anniversaire !
- Justement, ce sera une belle surprise pour les enfants. Tu leur téléphoneras, Martine ? Tu sais que je déteste cela…
 
Ils viennent tous les quatre avec femmes et enfants ! Nous serons douze à table. Faut que je nettoie la grille du barbecue. Je répète toujours à Olivier qu’il vaut mieux le faire tout de suite. Les saletés s’incrustent et durcissent. Où est la brosse de fer ?
- Sais pas !
Olivier est plongé dans sa liste de courses. Et moi, je frotte, je frotte cette saleté de grille à l’eau bouillante.
- Après-midi, n’oublie pas que tu dois me déposer au foot. C’est le derby! T’en profiteras pour faire tes courses à l’aise.
 
C’est à croire que la ville entière s’est donné rendez-vous dans ce centre commercial. Et ils font tous un barbecue à voir les brochettes, saucisses, merguez et pilons de poulet remplir les caddies. C’est presque la rupture de stock au rayon charbon de bois. Les files s’allongent derrière les caisses, j’ai la tête qui tourne et des bouffées de chaleur. Décharger le caddie, le remplir, le vider dans le coffre, tout ressortir à la maison, quatre fois la même opération. Je parie qu’Olivia et Ashley n’ont jamais fait les courses. Et qu’elles ne doivent pas pénétrer dans la buvette du foot pour extraire un Olivier d’une masse grouillante et excitée de copains qui fêtent la troisième mi-temps.
 
Le lendemain. Les enfants sont arrivés. Au compte-gouttes. Le temps d’accueillir l’aîné, son épouse et ses deux gosses, de les installer à la grande table de jardin, les trois autres se succèdent. Bonjour, bon anniversaire, comment vas-tu, tu as l’air un peu fatiguée, papa tient la forme lui, c’est l’âge…, ça te fait combien, cinquante-deux déjà ! On t’a apporté des roses. Devine ! Il y en a cinquante-deux ! Tu peux compter !
Je souris. Fatiguée ? 
 
Je me suis levée à six heures trente. Après le petit-déjeuner, j’ai nettoyé en vitesse la maison, un coup de torchon vite fait. Je sais que c’est inutile, que tout sera à refaire dès que les petits-enfants seront passés par là… Olivier est affalé dans le fauteuil du salon. Le match de la veille l’a éreinté ! Je dois préparer le tiramisu aux framboises. Tu sais, celui dont tu as le secret, m’a-t-il rappelé dans son demi-sommeil. Les enfants adorent ! Je mélange les jaunes d’œufs et le mascarpone, bats la crème fraîche, superpose les couches de biscuits à la cuillère, les framboises et la crème… Servir bien frais !
- N’oublie pas de mettre ton tiramisu dans le compartiment froid du réfrigérateur, il faut que ce soit bien frais ! me lance Olivier.
- Et si tu chargeais le charbon de bois au lieu de me donner des conseils !
- J’ai tout le temps… Y a pas le feu ! Je vais te cueillir quelques feuilles d’origan pour tes tomates à la mozarella.
C’est vrai, j’allais oublier que les enfants adorent les tomates, que c’est frais quand il fait chaud, qu’avec un petit rosé bien frais, c’est une entrée facile à faire… Oui Olivier, oui Olivier…
Je suis presque prête, reste à cuire les pommes de terre, les enrober d’alu et les rentrer dans le four, surtout ne pas oublier de l’allumer au bon moment…
- T’as préparé les zakouski !
 
Les enfants ont dévoré l’entrée. Les petits-enfants courent partout. Mamy, tu mets un DVD ? Il a pris tous mes chips ! Je veux ma petite voiture. T’as pas vu le doudou de la petite ? J’ai soif. J’aime pas la grenadine.
- Martine, tu vas nous rechercher une bouteille de rosé pendant que j’allume le barbecue ?
 
La fumée envahit le jardin. Faire attention aux enfants qu’ils ne s’approchent pas des flammes. Olivier s’est rassis dans le transat et discute, un verre de rosé à la main. Santé !
- Si tu ne cuis pas maintenant, tu devras recharger le feu et on n’a pas fini ! Mes pommes de terres sont presque prêtes…
- Te stresse pas ! C’est la fête ! Faut savoir profiter de la vie…
Je suis intervenue à temps, la viande commençait à s’enrober d’une croûte noire à forte odeur de brûlé. Je m’installe enfin à la table.
 
Dire que Brad et Olivia sont au restaurant. Lumières tamisées, décor un peu chargé, j’avoue. Mais les coupes de champagne qui s’entrecroisent, le bouquet immense de roses - cinquante-deux ! -, smoking blanc et robe longue décolletée…
 
- T’as oublié de servir la laitue !
Retour sur terre. La laitue, les pommes de terre, les sauces, le dessert, le café, débarrasser la table, remplir le lave-vaisselle, pousser la nappe en boule dans le lave-linge, ranger la cuisine… Olivier a servi une bière aux invités. Moussue et bien fraîche.   Il est au bord du bonheur intégral. Mes belles-filles se sont proposées pour m’aider mais tellement poliment et obligées que j’ai refusé.
- Non ! Merci, j’ai l’habitude et je préfère travailler seule dans ma cuisine. Je m’y retrouve mieux…
Les braises s’éteignent. Les petits-enfants sont crevés d’avoir couru et explosé la maison. Il est temps de partir, lance mon fils aîné. Baisers, remerciements, encore bon anniversaire, ton tiramisu… une merveille et le barbecue… quelle belle idée, on n’a pas eu beaucoup le temps de se parler, on se téléphone… les enfants … embrassez Mamy !
 
Voilà, le calme est revenu. Le soleil est parti. Il commence à faire plus frais. Olivier s’est resservi une bière. La dernière. C’est la meilleure ! Je peux enfin m’asseoir, fermer les yeux.
 
Je parie que Drucilla va annoncer à Wesley qu’elle déménage chez Neil. Et que Neil sera très mécontent. Olivia ne pourra s’empêcher d’annoncer à Drucilla qu’elle a couché avec Brad et… 
 
- Alors ? C’était sympa ce barbecue ? Et puis l’avantage, c’est que tu n’as pas dû faire la cuisine !
 
Ernest J. BROOMS

Texte publié dans le recueil collectif de "Maux d'Auteurs", Editions Joseph Ouaknine "Couleur rose poupre", 2007 - ISBN : 9782-916090-87-8
 
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Publié dans Mes Nouvelles

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C
La vérité, encore et toujours la vérité!!! Tous pareils ces hommes!Certaine que beaucoup de femmes (et d'hommes!!) se sont retrouvés dans cette nouvelle!Un pur moment de détente! Merci et bonne continuation
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F
je comprends mieux le succès des séries télévisées, je m'étais toujours imaginé que c'était pour le faste ou le luxe qu'elles étalaient mais somme toute c'est uniquement peut être pour l'évasion et le rêve d'être un instant un/une autre...big bisous
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L
Excellent! C'est du vécu de pas mal de gens je pense, la fiction a rattrapé la réalité, j'ai trouvé ce texte génial.Loula
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A
Forum de liaison pour les communautés de blogs Soif de lire, SFFF et Abc-Cuisine.http://fleurdencre.forumpro.fr/index.htm
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L
Terrible. Franchement, j'ai adoré. Je me demande si c'est inspiré de ta réalité... ;)En tout cas bravo.
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