Il y a...
Il y a les gens qui se lèvent tôt, marchent dans le froid, se serrent dans la moiteur d’un train bondé, marchent encore et encore, arrivent au boulot et s’installent devant la chaîne à serrer des boulons, à souder des circuits électroniques, à vérifier, toujours vérifier, vite, encore plus vite…
Il y a les gens qui n’ont pas de toit, dorment là où ils peuvent ou pas, se nourrissent des restes des autres, se vêtent pour se protéger et non pour se déguiser, boivent pour oublier, oublier qu’ils sont oubliés et que, sans papiers, ils n’existent même pas…
Il y a tous les oubliés de la terre, qui vivent très loin, surtout de nos préoccupations, des enfants à l’école de la guerre, des femmes violées, recousues et soumises, des hommes rebelles mais enterrés, tous ceux là qui souffrent dans leur corps et dans leur tête et qu’on aide parfois pour se donner bonne conscience en leur offrant des clopinettes…
Il y a les gens qui circulent en gros quatre quatre, tous frais payés, bien costumés, étouffés de responsabilités sous la cravate, qui travaillent pour gagner, gagner toujours plus… et leurs enfants les attendent sans jamais les voir, et la femme vit dans l’ombre du gagneur, argent de poche à volonté…
Il y a des intellos qui se creusent les méninges à s’inventer des problèmes, les bien portants qui ont toujours mal quelque part et se baffrent de médocs, les bien pensants prosélytes qui détiennent la vérité et veulent le faire savoir, les politiques avides de pouvoir qui décident, en toute autocratie, de la vie de leurs concitoyens, tous ceux qui vivent les yeux fermés et refusent de les ouvrir, de tous ceux qui parlent trop et feraient bien mieux de la fermer…
Et puis, il y a… les gens heureux !
Ernest J. Brooms - janv. 2008
(Publié sur Les Diabletteries)
(Publié sur Les Diabletteries)
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