Moments suspendus - El Que Come Abajo (fin)

Publié le par Ernest J. Brooms

 
Temps Troisième : Acceptation

 

 

 

Tiptop continue ses sorties nocturnes avec ses amis. Il à désormais une autre vie que la plupart des gens de son âge. N'est pas stable.  Les quelques jobs qu'il trouve suffisent à payer ses " loisirs " et la came qui va avec. Mais le plus souvent, ça ne suffit pas. Tiptop a toujours un mal fou à les tenir. Jusqu'au jour où dans un journal, il remarque une annonce pour une formation. L'offre parle d'une période de neuf mois avec travail dans l'entreprise. Tiptop décide de sauter sur l'occasion. Il décroche son téléphone et appelle. L'organisme lui donne les infos nécessaires pour constituer son dossier d'inscription. Il s'empresse de faire une demande de subvention, qui est accordée un mois plus tard. La formation commence le mois suivant. Passe des tests d'évaluation avant. Simples. Il est définitivement retenu. Appelle son père. Première vraie bonne nouvelle depuis longtemps. La conversation terminée, il rentre poser son dossier et part voir Tom. Les deux compères déçident de fêter l'évènement. Quelques heures après, une fois rentré , Tiptop se couche. Et pour la première fois depuis une éternité, il sourit. Pas de larmes. Pas de colère. C'est positif, se dit-il. Enfin. Il va avoir une chance de prouver ce qu'il vaut vraiment. De canalyser cette presqu'ancienne rage dans un objectif sain. Il se prend à rêver : plus d'auto-destruction, reprendre un rythme correct, et surtout avoir un vrai travail. Se (re)donner les moyens. Fini les plans galères, il y a encore du chemin, mais l'espoir est au bout. Un nouveau Tiptop. Neuf. Avec une nouvelle mentalité. C'est ce qui compte. Mais sans se trahir.

 

Coup d'envoi. Les cours s'enchaînent, Tiptop se fait de nouvelles connaissances, ingurgite tout. Plus important, il reprend goût à la vie. Pendant six mois, il brille. L'argent qu'il touche ne lui sert plus uniquement à s'acheter son shit. Il participe aux frais de l'appartement de son père, sort. Les relations familiales s'améliorent. Puis le premier jour au sein de l'entreprise arrive. Tiptop est devant la porte de la société lorqu' il craque. Crise de larmes. Tiptop est pris de court. Se sent tout à coup inutile et faible. Reste une vigtaine de minutes assis sur des marches dans la rue. Ne se sent plus d'attaque. Il s'en va, rentre chez lui et prend une décision. Tiptop à besoin de parler. De tout. Il attend patiemment que son père rentre. Le chope au passage. S'ensuit une longue conversation ou Tiptop avoue tout ce qui lui passe par l'esprit. La sensation, malgré tout, d'être détruit de l'intérieur. L'agonie est quotidienne. Ses pensées sont confuses parfois. Malgré tout le bien qu'à pu lui faire ce moment, il se sent toujours attiré vers le néant. Son père réalise que son fils a souffert. En silence, beaucoup trop. Les deux admettent qu'ils se sont perdus de vue. Comment peut-on disparaître à ce point là dans une maison ? Des promesses sur la durée sont faites. Plus jamais ça n'arrivera. Tiptop ressort de ça regonflé. Tout n'est pas réglé, loin de là, mais ça va un peu mieux. Le lundi suivant, il peut aller travailler les pensées un brin plus légères.

 

Au bout de trois mois, la formation se termine. Tiptop va chercher son diplôme. Belle journée de Février. Quand il finit de signer les papiers qui attestent de sa réussite, son portable sonne. C'est son père. Il lui annonce qu'il a un cancer. Comme ça. Et comme par enchantement, ou mauvais sort, le mal-être revient au galop.
Il se dit en courant vers chez lui, que s'il meurt, le monde peut bien brûler... Il s'en chargera s'il le faut. Son père l'attend. Il est assis, serrant et tripotant nerveusement ses mains. Le masque de la mort est sur son visage, déja. Il avait des difficultés pour manger ses derniers temps. Tiptop le harcelait pour qu'il consulte un docteur. Comme une grosse boule dans la gorge qui gêne le passage des aliments. Effectivement, il y a bien une boule. C'est la tumeur. La nouvelle tombe tel un couperet. Son père décide de se faire opérer. Sauf qu'il ne parlera plus jamais. Tiptop avait encore tant de choses à dire, et il s'en rend compte désormais, à écouter de la part de son père. Le jour J est là. L'opération se déroule bien. Il pourra rentrer bientôt. Entre-temps, Tiptop le remplace au boulot. La convalescence dure six mois. En finissant sa journée, un soir, son père lui annonce qu'il se sent prêt a reprendre le travail. Tiptop est content. La seule personne qui lui reste a repris des forces. Tiptop se remet à la recherche d'un emploi. Qu'il finit par trouver. Son père est fier. Il voit son fils faire sa grande rentrée dans la vie active.

 


Les choses se déroulèrent plus ou moins bien pendant deux ans. Tiptop avait accepté la maladie de son père. Novembre. Après le travail, en ouvrant la porte de son domicile, il voit son père dans son lit. Il souffre le martyre. Appelle les pompiers. Les traitements ne marchent plus. Retour quatre ans en arrière. Choc. Pleurs. Pendant cinq mois, il gère la vie de son père et sa vie frontalement. Lui qui pensais avoir tout appris à la mort de sa mère... Lourde erreur. On dit que ce qui ne tue pas rend plus fort, c'est vrai , mais ça peut laisser un jeune homme K.O. Cinq mois à revoir le même mauvais film. Un matin, alors qu'il est sur le point de partir travailler, il sent son portable vibrer dans la poche de son pantalon. C'est la clinique. C'est terminé. Clap de fin.

 


Tiptop, comme un serpent, a une nouvelle fois changé de peau. Il s'est encore endurçi. Mais les leçons du passé ont servi à quelque chose. Tiptop, aujourd'hui a des projets, une vie à mener.Il a accompli deux fois son chemin de croix. Il est allé serrer la main du diable et en est revenu. Hey Mr Diablo, on est quittes vous et moi. Tiptop a depuis trois semaines repris contact avec Suzie. Il a beaucoup de choses à lui offrir finalement. Ses doutes, ses joies, ses espoirs... Beaucoup plus que ce dont il se pensait capable. Une vie, tiens pourquoi pas ? Avoir des enfants, comme pour revenir au souvenir qu'il a de ce couple jouant dans un parc, une voiture, une chouette maison... et de l'espoir. En lui, en elle, en eux. Une vie remplie d'amour à donner. La colère s'est apaisée, le temps a joué son rôle. Les blessures se referment. La guerre contre lui même est finie...

 


La vie commence quand on affronte sa destinée.

 

 

El Que Come Abajo

 

 

 

We're Going Nowhere... Fast

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Publié dans Auteurs invités

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E
« Je m’intéresse à l’avenir car c’est là que j’ai décidé de passer le restant de mes jours » (Woody Allen)Moi, je trouve l'idée intéressante. Non ?
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