La miche de pain – Annick Veys
Ce matin, après le petit déjeuner,
En allant le journal chercher
Je n’ai pas remarqué
Les bottines à lacet.
Mais plutôt, un pain déposé
Devant la porte, par le boulanger.
J’ai bien été tentée
D’un croûton prélever
Mais je n’ai pas osé,
Etant rassasiée,
Cette belle miche entamer.
Au retour, peut-être, je le ferai,
Si, toutefois, la faim revenait.
L’idée m’est venue de la déplacer,
Voire même de la cacher.
Mais j’ai trop de Respect
Pour avec le Pain jouer.
Alors, le paquet j’ai laissé
Et ma route j’ai continué.
Le journal acheté
A la maison, je suis retournée.
Et, bien sûr, j’ai vérifié
La présence du paquet.
A mon grand désarroi,
Il n’était plus là.
Le pain était rentré,
Et peut-être, même, déjà mangé.
La marche, un petit creux m’avait fait
Je n’aurais pas de quoi le boucher.
Dommage ! Mais tant pis pour moi
Hésiter je ne devais pas.
C’est donc bien vrai, croyez moi :
Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras…