Prison par Andrée Simons

Publié le par Ernest J. Brooms

 

 

Louis vient d’être condamné à une peine de 3 ans de prison ! Son procès vient d’avoir lieu,  après la préventive, il lui reste 2 ans à tirer !

 

Clic…clac…clés….grilles…clic…clac…ces bruits martèlent sans cesse dans sa tête ! S’il avait su ? Il s’attendait à être libéré, quelle naïveté !

 

Retour à la case départ avec cette fois, aucune chance d’avoir de la visite ! Il a été muté dans une prison à 150 km de chez lui ! Sa femme et ses enfants avaient déjà cessé de venir au parloir !!! Maintenant le doute s’installe,  Louis broie du noir !!! Qui l’accueillera à sa sortie ??

Arrivé à la nouvelle prison, fouille au corps…comme dab…humiliant…jusqu’au calcif…même le cul !!!

La lingerie, les draps,  la couverture… le tout collé sous le menton…quelle odeur elle dégage cette couverture, c’est nauséabond !!! Louis tente d’émettre une demande…avance !! Ca pue la pisse froide… avance !!! Mais…cette odeur…comment va-t-il pouvoir dormir avec ça ? Avance !!!

Crie le maton de service !! clic …clac, il ouvre sa cellule…le pousse…referme à clé…clic…clac !!!

Louis pleure de tout son soul…tristement il observe sa cellule,  3m sur 3, il est heureux de constater qu’il est seul !!!

 

A 3, c’était devenu invivable là-bas,  un lavabo, pisser et chier sur le seau devant les autres !! Quelle humiliation !! Avec ses états d’âmes,  Louis est presque heureux d’être seul,  lui qui a toujours été ridiculisé et traité d’intellectuel, parce qu’il aime lire et écrire !! Là-bas c’était une tare…ici,  on il verra !!

 

Clic…clac…c’est l’heure de la promenade…tous à la queue leu leu ….aucune envie de discuter…Louis ne connaît personne, il n’a aucune envie de raconter son histoire !!

Retour dans sa cellule, tient il y a une télé !! Il ne l’avait pas vue quand le maton l’y a conduit ??

C’est trop bon !!! Il ne me manque que mon PC, confisqué…peut-être me le rendront-ils en cas de bonne conduite ??? Mes livres ? Tous confisqués ! Par chance, il a caché du papier et de quoi écrire sous son matelas ! Attention à la prochaine fouille…trouver un endroit sûr…sous la plaque d’aération ? Derrière la descente d’eau ? Il verra ça demain !

 

En attendant,  Louis se contente de ce qu’il a ! Il est crevé,  le procès à duré une éternité,  le voyage jusqu’ici, l’atelier de l’après midi et   rien d’autre qu’une  gamelle infecte et immangeable !!

 

Non,  Louis,  soit raisonnable,  tu es en prison…il faut pas rêver…ce n’est pas un hôtel 4 étoiles !!! Quand même, dormir avec cette couverture pleine de pisse….quelle galère…à la prochaine ronde, il faut que je me réveille et que le maton m’en donne une autre…impossible de trouver le sommeil …cette odeur de pisse froide…l’horreur…clic…clac. !

 

Le maton du matin,  une vraie crapule…il me nargue…avec son : ah,  l’intellectuel !!! Louis tente de rester indifférent…de s’en foutre… malgré lui.

Une envie terrible de lui casser la gueule le submerge !!! A chaque fois il se raisonne et sa petite voix intérieure lui dit : Non Louis !!…si tu veux récupérer tes livres et ton PC… il te faut un certif de bonne conduite !  Qui sait,  tu peux en faire un objectif Louis !!! N’empêche !! Galère….Dès que ce maton  introduit la clé dans la serrure, ses cheveux se hérissent !! Clic…clac… clic…clac !!!

 

Ce maton, avec sa gueule de con,  me fout le moral à plat du grand matin !!! A nouveau tous en rang pour le départ à l’atelier…Pliage de cartons de 8 à 12h30… travail routinier et débile,

Mieux que rien pour améliorer l’ordinaire de la rata  du dîner! Louis tente d’aborder un codétenu qui lui semble d’un abord sympa !!! « Ta gueule connard,  ta tête ne me revient pas ! » Pourquoi t’es ici ? Pourquoi on t’a transféré ? Louis n’a aucune envie de répondre,  en plus le gueulard a une haleine de bouc !!Beurk !!! Beurk !!!

Le maton chef hurle à travers tout l’atelier : Si…len…ce !!! Tous mes codétenus regardent dans ma direction,  galère…j’espère ne pas devenir leur tête de turc !

 

A qui parler ? Personne n’en a rien à foutre !

 

Jusqu’au jour où un aumônier frappa à la porte de sa cellule ! Etrange…pas de maton ? Louis  intrigué  regarde par l’œilleton. Jamais vu ! Le maton ouvre …clic…clac !

Je m’appelle Albert,  je suis l’aumônier de la prison et je viens tous les mardis ! Le maton s’éloigne…Louis s’étonne…et son regard s’illumine à la fois ! C’est que depuis sa petite communion…il n’y connaît plus rien en religion. Il s’interroge…il va pas venir me bassiner les oreilles avec ses bondieuseries ??? Il hésite…

L’aumônier l’invite à le suivre au parloir sous l’œil attentif du maton  empli de sous-entendus. Clic…clac…il a droit à une demi heure de parlote !!!

 

Louis le voit d’un bon œil  cet Albert ! Il l’écoute…est bienveillant…ne le  juge pas…le regarde avec humanité,  Louis reste pantois et devient confiant,   c’est le seul à qui je pourrais raconter toute ma triste histoire,  pas tout de suite… Il me faudra un peu de temps!

Lui qui pensait à des bondieuseries !!!!

 

Louis tout confiant,  l’autorise à venir tous les mardis, une demi heure de parloir,  quelle aubaine !! Lui qui se croyait seul ? Quelqu’un pour lui tout seul,  à qui raconter ses états d’âmes !

Albert sort et le raccompagne jusqu’à la grille…Louis se retourne et s’écrie : Merci  Albert ! A mardi !! Le maton le nargue,  mais Louis s’en fout,  lui seul sait qu’il est sur la route de la reconstruction dans sa tête… et là, ce connard de maton, bête et méchant,  ne pourra jamais y entrer !!

 

Clés …clic…clac…retour en cellule !! La ritournelle perpétuelle ! Louis s’écroule sur son lit et pleure cette fois si fort, qu’il suffoque…il se sent presque heureux…cette main tendue,  il veut la saisir et se préparer pour sa sortie future !

 

 

 

 

 

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S
On peut ne jamais avoir vécu une situation et quand même savoir la décrire!! c'est ce que j'appelle avoir l'esprit en éveil!!!
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G
Texte humain pour un prisonnier qui ne l'a peut-être pas étéGUY
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F
je passe tous les jours (ou presque) devant la prison de tournai, de l'extérieur c'est un très beau bâtiment, il parait qu'à l'intérieur c'est l'horreur (les mêmes descriptions : surpeuplement des cellules, sceaux "hygiéniques") pour l'attitude des gardiens je ne sais pas, pas eu d'echos (par contre j'ai connu qq un qui travaillait dans le temps au marronier : pas de quoi être fier) comment changer les choses? la prison en soit est déjà une condamnation si en plus il faut y perdre sa dignité, quelle chance reste t'il à la réinsertion?big bisous
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S
excellent ! criant de vérité;le style et le vocabulaire est remarquablement bien adapté à cette tranche de vie
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